Conférences - Formation - rencontres…

Conférence- Formation :

Conférences sur l’origine du christianisme à la Garenne :

Dans le cadre de l’approche biblique sur l’origine du christianisme, avec Christian Bernard Amphoux, nous proposons pour la rentrée prochaine, la suite d’un cycle biblique de 4 conférences :

  • 24 novembre à 19h00 (et non le 17 pour cause de Synode Régional) « Enfance et genèse de Jésus »
  • 19 janvier à 19h00 « Enfance et genèse de Jésus »
  • 2 mars 2007 à 19h00 « Le baptême de Jésus » -
  • 20 avril 2007 à 19h00 « La vie de Jésus après sa mort et sa résurrection ! ».

Conférences avec une ouverture œcuménique à la Garenne :

La première partie « Figures féminines spirituelles » fera l’objet de deux soirées :

- 21 octobre à 20h15 Conférence sur «Etty Hillesum» avec Françoise PICOULEAU, Psychothérapeute et Inge Ganzevoort, ancienne aumônier d’hôpital

(à lire sur Etty Hillesum : . « Une vie bouleversée » – éditions du Seuil).

- 02 décembre à 20h15 Conférence sur « Marie de Nazareth » par Katharina SCHÂCHL – Théologienne protestante

La deuxième partie de ce cycle « Etre bien dans sa tête, bien dans son corps » débutera :

- 3 février 2007 à 20h15 avec l’intervention du Docteur Philippe GABBAÏ, psychiatre, ancien chef de service à la Fondation John Bost « Quand on n’est ni bien dans sa tête, ni bien dans son corps ».

Ces soirées seront enregistrées pour être relayées sur les ondes de Radio-Alliance+ et FM+


L’ETRE ET LE PARAITRE
Conférence donnée par Madame de Hadjetlaché
dans le cadre d’un camp de jeunes.

Nous avons tous besoin de masques,
ils nous emprisonnent aussi

- Je suis moche, je me déteste…
- Tu as vu comme je suis grosse ; je suis obèse !
- Comment trouves-tu mon nouveau Bénéton ? Oui mais moi c’est un Nike
- Regarde-la, on dirait une punaise de sacristie… C’est une vraie pouffiasse
- et lui, tu as vu ses oreilles en feuilles de chou! Et son nez ! Tu as vu sa tête d’enfoiré… (ou de débile, au choix).
- Oh toi, avec ta patate, tu peux dire quelque chose…
- Et d’où elle sort celle-là ? de sa capagne tout droit. Oh, et celle-là, on croirait une gravure de mode…

- Propos quotidiens… sur soi, sur les autres… souvent sans nuances.
cf Igor ,16 ans, avec son copain: 8… non 5…. dans Carrefour… notaient les filles qui passaient!… et moi?
toi? même pas notable! HC= hors concours… pas cotée à l’Argus!

Pourquoi, en fait, de tels propos?
en fait ce sont des propos qui cherchent à nous rassurer…
on se compare, on dévalue l’autre…. pour se sentir une valeur, et pour s’assurer qu’on fait bien partie du groupe…
Propos qui peuvent faire beaucoup de mal.

Car nous sommes tous très sensibles à notre image, et surtout à certaines périodes de la vie ; à l’adolescence
en particulier… et le regard des autres a beaucoup d’impact.
Moi ado : nez en fraise, ou patate et dents en touches de piano.

Je parlerai : - de l’image de soi. Comment elle se constitue.
- le vêtement ; la mode.
- les marques dans le corps lui-même: tatouages, piercings…
- puis, au delà du paraître = l’être.

1) L’IMAGE DE SOI
AM.P. : physique banal ; taille moyenne; yeux marrons… ni grosse ni maigre, ni moche ni très jolie.
Elle se voit monstrueuse, poilue, n’ose se mettre en maillot, ni en jupe. Sinon impression que tous
les yeux sont braqués sur elle. Toujours en pantalons, couleurs sombres… Ne se met jamais en
valeur et son air méfiant éloigne les autres … Elle fuit les autres et ne se supporte pas elle-même.
Et pourtant elle pourrait être mignonne.
….
Image opposée : un jour je vois arriver une femme hyper maquillée, blonde décolorée, hauts talons,
collants noirs particuliers, jupe au dessous des fesses… Au premier coup d’œil une allure de pute…
Et elle m’explique qu’elle vit calfeutrée parce que dès qu’elle sort… les hommes lui font des propositions
et c’est intolérable. Elle défend naïvement son droit à être ce qu’elle est… et que l’on ne voit en elle qu’une apparence…

3ème petit flash: Fille anorexique 30 Kg, d’une maigreur presque intolérable. Son allure fait penser
aux populations sous-alimentées ou aux camps de concentration. Mais à ses yeux, vraiment elle est obèse.
C’est quand elle est à 27 kilos qu’elle se sent bien, dans une image de grande enfant, ni fille, ni garçon…

On voit combien cette image est quelque chose de subjectif

A réfléchir :
- Que montre-t-on de soi ?
- Que veut-on montrer ?.
- Qu’est-ce que nous montrons sans en avoir conscience.?
- Y-a-t-il une certaine cohérence entre ce que je laisse voir de moi et ce que je me ressens être ?
- Qu’est-ce qui au fond est important pour moi.

Comment se fabrique l’image de soi ?

D’entrée, dès le début de la vie, c’est au travers du regard des autres qu’elle se construit.
- Winnicott : la mère est le 1er miroir de l’enfant… yeux dans les yeux … sourire… mimétisme (très vite, un bébé
sourit au visage qui lui sourit).

C’est dans le regard de ceux qui nous entourent que nous nous sentons aimables ou pas, bons ou mauvais.

- le stade du miroir.
- 1ère étape qui nous constitue, non plus comme objets partiels, mais comme un tout (avant on voyait mains - pieds)
Stade où enfant, à travers son image et la parole qui nomme, s’anticipe comme un tout, et comme sujet.

Terrible si l’on n’est pas regardé, seulement manipulé. L’absence de regard, de parole met très à mal.

Mais il est des regards, des paroles qui construisent.
Oh ! regarde le joli bébé… c’est … Jeannot
Rapport positif à soi-même par le regard et les paroles d’autrui.
C’est aussi un regard qui situe dans une identité sexuée. L’identité sexuée se construit très tôt…. alors petit
gars, ou petit mec… et toi ma jolie… ou alors “c’est bien un garçon” (ton réprobateur). Même si un tout petit
ne sait pas encore ce que recouvrent ces mots, très tôt il perçoit que c’est aimable ou non pour ceux qui
l’entourent… et très tôt il épanouira ou réprimera certaines choses.
Plus tard, il les rattachera à un sexe précis, et leur connotation restera pour toujours.

Etre beau = être aimable, désirable.
C’est d’abord l’être pour des parents. En principe, un enfant est toujours beau pour des parents qui l’aiment.
Si ce n’est pas le cas, c’est qu’il y a un problème:
Mère-Fille à Paris : “ Tu ressembles trop à ton père “.
Les compliments aux enfants sont très + si chacun est à sa place.
ex père à sa fille : “ Que tu es jolie aujourd’hui! tes copains vont tous te courir après“.
Parole qui réchauffe le cœur et rend plus assuré = je peux plaire, être aimée… à condition que le père l’adulte
n’y cherche pas satisfaction ambiguë.
Cf Yannick : crise jalousie du père : “ Pourquoi tu te maquilles pour sortir avec tes copains et pas pour moi ?”
et elle de me dire ” Il n’est pas un copain !”. Elle a raison!

Les premières paroles sont celles des parents. Plus tard celles de copains-copines. Et elles ont beaucoup
de pouvoir, car à l’adolescence, on est en pleine recherche :
- qu’est ce que je suis
- qui je suis
- suis-je jolie ? Peut-on m’aimer ? Puis-je plaire?
Et rien n’est assuré. Alors réfléchissons quand nous faisons des réflexions, aux conséquences de ce qu’on peut dire.
On cherche, à la fois, à être différent, soi, quelqu’un de particulier, et à la fois à se fondre dans le groupe des autres.
Et l’on rejoint là le 2ème point : le vêtement - la mode.

2) LE VETEMENT, LA MODE
L’habit ne fait pas le moine, dit-on… Cependant l’habit, nous le vivons comme partie presque intégrante de nous :
Il nous sert à nous cacher, nous masquer, mais aussi à nous montrer, nous faire remarquer, nous mettre en
valeur, se grandir, se mincir… passer inaperçu ou se faire remarquer.
Le vêtement contient tout un message.
Le vêtement a plusieurs aspects :
- C’est une enveloppe :nous réchauffe, nous entoure, nous sécurise. Sinon… à poil… démuni.
- Il couvre la nudité mais tout en en dévoilant des parties : jambes, décolleté…
- Tout un art lié à l’érotisme : cacher/montrer.
- Le caché donne envie d’être vu. Et ceux qui créent la mode savent très bien jouer la dessus.
- Le vêtement comme parure…” se faire beau “… Mais la parure peut devenir pure apparence.
Comme masque.

Alors la mode ?

Phénomène contradictoire, paradoxal… puisque cela contient à la fois une tendance
à se singulariser : être à la mode = c’est à dire pas comme n’importe qui ! n’importe quel
minable ! … n’est-ce pas ! Etre quelqu’un.
Et en même temps une mode n’est mode que si elle est suivie, et par le plus grand nombre…
ce qui aboutit à ce que l’on soit tous pareil… c’est à dire à la mode.
Comme le mimétisme chez les animaux qui les amènent à se mettre en harmonie avec l’environnement
(caméléons prennent couleur de l’arbre ; mante religieuse aussi).
La mode c’est s’identifier à un modèle prestigieux, avoir le sentiment d’être dans le coup ;
d’être “ in “… On met un Bénéton, un Lewis… on est comme tel ou tel acteur.
Cf. M. France Vanessa Paradis.
= se faire une identité d’emprunt qui nous valorise, nous fasse avoir l’illusion d’être quelqu’un d’important.
L’identité d’emprunt est importante, et souvent normale comme passage à l’adolescence. Elle fait étayage,
pour un temps…. Mais le problème est lorsque cela dure.
“ Si l’on ne peut arriver à se sentir valable parce que l’on est ou ce que l’on fait, on cherche à se faire valoir
parce que l’on porte !!!”.
Un point à relever aussi, c’est que dans notre époque où la liberté sexuelle est de mise, la mode, le vêtement
est de plus en plus unisexe…
Comme si on avait besoin de se sentir pas encore homme ou femme, mais encore des ados… Peut-être parce
que grandis plus vite à l’extérieur qu’à l’intérieur de soi.
Les ados mettent souvent des vêtements larges, à la fois pour masquer leurs formes et se sentir à l’aise,
protégés… et cela peut tout à fait alterner avec des vêtements très moulants… témoin des deux forces
contradictoires par rapport au corps sexué et au regard de l’autre.
Les chaussures sont aussi les reflets de cela: baskets de marque, parfois un peu usées, souvent délacées,
ou chaussures de sécurité… apparence de force… mais aussi symbole de protection… là aussi double message.
Etape importante, cette appartenance au groupe, car c’est une façon de s’éloigner du milieu familial,
des adultes, pour se sentir quand même entouré, appartenant au groupe des semblables,
être avec les autres, avant de pouvoir un jour être seul.

Mais, si l’étape adolescente est structurante, il ne faut pas oublier que ce sont les adultes
qui lancent la mode, utilisant tout ce qu’ils peuvent de la recherche adolescente, mais aussi
des envies et regrets des adultes pour qui l’adolescence est l’âge d’or, l’âge de tous les possibles,
quand la vie est encore tout grand ouverte. Et les adultes, souvent “copient” les jeunes, espérant
ainsi tromper la vieillesse et la mort. cf dame qui ne veut plus fêter son anniversaire depuis qu’elle a 60 ans.
Autre qui s’est fait retirer le visage… ce qui lui donne un drôle d’aspect, comme un peu visage de cire.
Personnellement, je préférais ses rides.
Or, chaque âge a sa propre richesse, comme chaque individu. C’est cela aussi qu’il nous faut redécouvrir.

3) TATOUAGES -PIERCING
Ces marques dans le corps, vécues par les adultes très difficilement (souvent vécu comme un comportement
violent envers soi-même), que viennent-elles dire?
J’y verrais plusieurs choses:
- provocation…. et elle atteint en général son but. C’est aussi vis à vis des parents une attente: m’aimerez-vous
- toujours, même dans ma différence?
- affirmation: mon corps m’appartient. C’est à la fois le sentir sien, se l’approprier, le rendre unique par un signe distinctif.
et en même temps, c’est un signe d’appartenance à un groupe, ou parfois, il signe une relation entre deux personnes,
- qui se font alors marquer du même sceau.
- cela a aussi valeur de rite de passage.

Cela interroge à deux niveaux: la disparition de tout rite de passage dans notre société…. même le service
militaire a disparu, sans être remplacé par un autre passage… cette absence amène les adolescents à
en inventer de nouveaux.
D’autre part la nécessité d’une marque dans le corps. Est-ce que la parole ne serait plus assez solide,
fiable, pour qu’on ait besoin d’une marque dans le corps, comme une parole indélébile? C’est une question.

4) AU DELA DU PARAITRE? L’ETRE
Se faire beau est important. Se protéger derrière un habit, ou un masque, nous en avons par moment
grand besoin - mais cela peut être trop.
Car si le masque ;devient une deuxième identité, dans laquelle on se perd… alors nous sommes réellement perdants.
Winnicott appelle faux-self = faux soi cette espèce de moule qu’on peut plaquer sur notre apparence, mais aussi
sur nos émotions… au point de ne plus sentir notre être profond. On se coule alors dans ce que les autres
attendent de nous, que ces autres soient nos parents, la bande des copains, le conjoint, l’employeur ou tout autre.
Le sourire commercial qui ne signifie plus rien, très différent pour moi du sourire avenant, casse tout autant la vraie
rencontre que le visage revêche.
Il est toujours grave si l’enveloppe a d’importance que la personne, que ce soit nous même, ou autrui.
cf nos tenues professionnelles: reconnaissance positive d’une fonction, ou nous cachons-nous derrière?

Le camp Bible et foi se prépare. Un des grands messages de l’Evangile, c’est que nous sommes tous aimés tels que
nous sommes, pour nous-même, Dieu, lui, ne s’arrête pas à l’apparence. Message aussi que le projet de Dieu es
que nous puissions être en relation profonde les uns avec les autres, en respectant que nous soyons des
êtres différents, et c’est d’ailleurs d’être tous différents qui fait notre richesse, ensemble. Ouvrons nos yeux et
regardons plus loin.
Ex. J. Apparence très particulière. Toujours en noir, souvent en habits de cuir, chapeau noir, ongles mauves..
.attire d’emblée le regard, semble toute dans l’apparence et en fait fille profonde, sympa… mais donne d’elle
une image très superficielle.

A réfléchir, est-ce que ce que je montre de moi
correspond à ce que je suis profondément

les masques que nous portons, nous servent-ils, ou nous emprisonnent-ils?
Est-ce que je joue un personnage et lequel
Pourrait-on m’aimer si je n’avais pas mon masque ?
Comment je me sens dans l’âge qui est le mien.

Les masques nous sont utiles, car nous ne pouvons être constamment en lien sans aucune protection, mais
ils ne peuvent être constants, car sinon, ils deviennent prison.

Il est important de s’occuper de soi, de se mettre en valeur, de se faire attrayant. C’est agréable pour personne
quelqu’un qui est négligé, mal attifé. On est mieux dans son corps si on prend soin de soi, et c’est attrayant pour
les autres.
Mais qu’est ce qui est parure agréable, qu’est ce qui est masque, faux-self, parade, snobisme ?.
Est-il vraiment indispensable d’être dans une consommation à tout crin pour avoir la marque dernier cri.
Ne pouvons-nous pas être nous même et sympa avec un jean banal ?
Et à travers notre habillement, quel rapport voulons-nous avoir avec les autres ?
être avec eux, comme eux… et jusqu’où ?
être mieux qu’eux ?…
être tout simplement nous-même, tout en respectant qu’ils soient eux.

Se redécouvrir et redécouvrir les autres, avec d’autres yeux.
Ps 138: tu me sonde et tu me connais…. je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse!


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