Consistoire en fête à Beauvoisin au Temple et à la Garenne

Ce fut une trés belle journée de fête de rassemblement du Ccnsistoire de Vaunage-Vistrenque!
Reportage en photos et merci à Thierry Faye de nous avoir donné le texte de la prédication (ci dessous).

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Prédication Texte : Matthieu 21, 33 - 44 Esaïe 5, 1-7
Cette prédication est une prédication “narrative” donnée pour un culte de consistoire.

Elle s’inscrit dans le même mouvement que les deux textes bibliques : dans Mathieu 21, Jésus reprend Esaïe 5 et le développe par une parabole. Ici nous essayons d’intégrer ces textes et de les prolonger aussi par un récit.
Le caractère oral de la prédication est ici conservé.

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Vous pouvez télécharger la prédication: mt-21-33-44.pdf

Vous pouvez télécharger la prédication: mt-2133-44.doc

Je pourrais vous parler longuement de cette parabole…
- Comment elle s’insère dans la lignée des prophéties de l’Ancien Testament
- Comment elle retrace l’histoire du Salut, cette aventure d’amour entre Dieu et les hommes si souvent déçue.
- Comment Jésus apparaît ici comme celui qui accomplît l’annonce faite par les prophètes
- ou encore pourquoi cette parabole est la parabole par excellence du passage de la première vers la nouvelle alliance.

Tout cela est contenu dans cette parabole mais d’une part, je pense que vous bon peuple protestant de ce consistoire, né entre deux pages de la Bible et enseigné par des générations de pasteurs vous connaissez tout cela et puis, surtout, j’aimerais ce matin ne pas être trop “didactique” et nous laisser emporter par le style narratif de la parabole.

Aussi je vous invite à nous laisser entraîner dans la suite de la parabole, de poursuivre le récit. Parce que ces vignerons homicides méritent quand même bien un jugement pour que leurs crimes à répétitions ne restent pas impuni ! Nous nous retrouvons donc au moment de leur procès.

* *
*
Oui, oui Mr le Juge. Moi je m’appelle Pierre et mes compagnons Paul, Jean-Louis, Jacques et tous les autres. Oui, c’est cela Mr le Juge. Nous sommes tous des vignerons. Des métayers parce que la vigne ne nous appartient pas. Mais quelle vilaine histoire Mr le Juge. Ah oui, vraiment !

Vous voulez que je reprenne depuis le début ? Tout ce qui s’est passé ? Et bien, en fait le Maître a planté une vigne. Et puis il a tout équipé. Il a monté une cave avec un fouloir, un pressoir, des cuves. Tout ce qui faut ; même les machines à vendanger ! Et puis quand tout a été prêt, et bien il nous a appelé. Et il nous a confié la vigne.
Oui, oui, vous comprenez bien. Il est parti en nous laissant la propriété sur les bras. Soit disant qu’il a dit que c’était pour nous laisser libre. Que comme ça il établissait avec nous une relation de confiance où nous pourrions répondre à son appel par nous même et pas par la contrainte. Vous voyez bien Mr le Juge que ce n’est pas de notre faute ! Si au moins il était resté pour nous diriger, nous donner des ordres et…. Comment Mr le Juge ? Ce qu’il voulait ?

Ah ça, au moins, ce qu’il voulait c’était clair : Du fruit ! Du fruit, toujours du fruit et encore du fruit ! De la justice, de l’amour, de la solidarité, de la fraternité, du pardon… et encore toute sorte d’autres cépages. Oh, ça au moins, il nous avait tout expliqué. Et puis il est parti….
Et ce qu’on a fait après ? Et bien, pardi, on s’est mis au travail ! Et croyez-moi , Mr le Juge, le travail de la vigne, c’est dur ! On s’est cassé les reins ! Entre le labourage, la taille, le débourgeonnage, le sulfatage, les vendanges et tout le reste…. Et le maître ? Non, on ne l’a pas vu.

Par contre, lui, il nous a envoyé d’autres serviteurs. Des gens avec qui il parlait. Des prophètes qu’ils s’appelaient. Il y a eu Esaïe, Jérémie, Ezéchiel et une douzaine d’autres. Qu’est-ce qu’ils nous ont cassé les pieds !
Ils parlaient soi-disant au nom du maître et écoutez ce qu’ils nous ont dit Mr le Juge. Je n’invente pas, je cite.
Esaïe nous a dit de la part du maître : “J’attendais de beaux raisins, pourquoi la vigne en a-t-elle produit de mauvais ?”
Et Jérémie : “Je t’avais plantée, vignoble de choix, tout entier en cépage franc. Comment as-tu dégénéré en vigne inconnue aux fruits infects ?”
Et Joël : “Soyez confus laboureurs, criez vignerons parce que la vigne s’est étiolée”.

Et j’en passe , Mr le Juge, et des meilleures ! Tous, ils sont venus de la part du maître pour critiquer le fruit de la vigne. Nos fruits n’étaient pas bons, qu’ils disaient ! On avait réussi qu’à récolter de l’injustice au lieu du droit, de l’exclusion à la place du partage, de la vengeance au lieu du pardon, du fanatisme et de l’intolérance plutôt que la liberté de la foi, du profit et de la rentabilité au lieu de la justice sociale, …

Enfin, vous voyez ce que je veux dire Mr le Juge. Comme empêcheur de tourner en rond, ces serviteurs là, c’était les champions ! Et, ce qu’on a fait ? Ben…, on s’en est débarrassé. On a frappé les uns, lapidé les autres. Mais, c’est que justice, Mr le Juge, on peut quand même pas se laisser dire tout ça, se laisser mettre le doigt là où ça fait le plus mal sans réagir !

Et après ? Oh, ben après il nous a envoyé son propre fils.Il était chargé de nous apporter directement la parole et la volonté de son Père. Mais il faut dire Mr le Juge qu’on l’a pas reconnu du tout, vu que c’était la première fois qu’on le voyait. Et puis, en plus, lui aussi n’était pas content de notre boulot. Il s’est mis à faire des tas d’histoires !
A vouloir payer autant les ouvriers qui avaient peiné pendant 12h que ceux qui avaient à peine travaillé 1h…. Il disait que son Père était large et généreux et acceptait tout le monde. Et ça n’a pas tardé Mr le Juge, on a vu arriver dans la vigne tous les bancals, les tordus, les extropiés, les aveugles, les sourds….. Ah non, Mr le Juge, c’était plus possible !

Et puis, faut vous dire qu’on a eu un peu peur. Ben, vous comprenez c’était quand même, à ce qu’il disait, le Fils du patron ! Et comme il n’était pas content on a eu peur qu’il confie la vigne à d’autres. Surtout avec ses drôles de méthodes !
Alors on s’est dit que, si c’était le fils du patron, si on arrivait à l’écarter, on serait enfin tranquille ! Vu que le patron on le voyait jamais, en éliminant son fils, à nous l’héritage et la vigne. Il n’oserait plus envoyer personne !

Alors ? Ben alors on l’a tué lui aussi. Oh, pas nous ! Pas directement ! On s’est arrangé avec les autorités politique et ils l’ont crucifié. Oui, c’est ça crucifié.
Et après ?
Oh, ben après on a raconté partout que c’était la faute de son père. Qu’il avait besoin d’un sacrifice pour apaiser sa colère. Que le patron c’était un maître vengeur et tout ça. Ben, vous vous comprenez, il valait mieux mettre le meurtre du fils sur le dos de son Père, en disant que c’était sa volonté, plutôt que de dire que ce fils était complètement fou et que c’était impossible de l’accueillir ! Il faisait trop de lumière….
Et puis vous savez ce que c’est, Mr le Juge, la violence on sait parfois où ça commence et jamais où ça s’arrête ! Si on donne des coups de casseroles sur la tête de nos enfants, c’est pas notre faute ! Si, si, demandez à tous les psychologues de la terre, ils vous le diront bien eux, que c’est pas notre faute. Si on est violent, c’est parce que on l’a été avec nous avant. On est fait comme ça. Vous comprenez Mr le Juge, on a des circonstances atténuantes !!!

Comment ? Ce n’est pas la peine de plaider parce que le verdict est déjà prononcé ? Mais, c’est un procès truqué alors ! Et, qu’elle est la sentence ?
Quoi ? ! Gracié ? ! La Grâce et le Pardon de la part du Maître ? Et Il nous appelle à devenir ses enfants et à suivre la trace de son Fils ?
Ah ben non alors ! Vous voyez bien que c’est impossible de travailler pour ce patron là ! Il ne se venge même pas et il nous ôte tous nos alibis !
Et puis je vais vous le dire Mr le Juge, s’il n’est pas un maître vengeur, dur, impatient, comment va-t-on faire peur à la vigne pour qu’elle produise ? Si le patron n’impose pas sa loi toute puissante, une morale d’acier, des valeurs bien pesées, ça va être la pagaïe et l’anarchie la plus totale dans la vigne.
Quoi, que dites-vous Mr le Juge ? On peut aussi la traiter avec amour ?! Ben, manquerez plus que ça tiens ! Vous voyez, sauf votre respect Mr le Juge, mais cette vigne on la connaît bien ! Ca fait un bout de temps qu’on y travaille. Et y’a pas que des enfants à bon dieu la dedans. Surtout depuis que le fils est venu ! Y’a aussi des étrangers, des impurs, des incroyants, des homosexuels, des prostitués, des collabos, et… Quoi ? Ils ont besoin d’une double ration d’amour. Et c’est ça qu’est aussi venu dire le fils ? Eh ben ! Heureusement qu’on l’a supprimé celui- là !

Comment Mr le Juge ? La vigne a déjà été confiée à d’autres ? Ca je m’en doutais ! Mais ne croyez pas qu’on va se laisser faire. C’est une injustice ! Bien sûr qu’on va faire appel. Et puis, je vais vous dire, dans la vigne on y est et on y reste. Et faudra venir nous dégager manu-militari ! Et juste histoire de rire, vous pouvez nous dire à qui elle a été confiée cette vigne ?

* *
(silence)
Mais au vrai vigneron.
Heureux les pauvres en esprit : le Royaume des cieux est à eux.
Heureux les doux : c’est eux qui hériteront de la terre.
Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés.
Heureux ceux qui ont faim et soif de justice : ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux : il leur sera fait miséricorde.
Heureux les coeurs purs : ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix : ils seront appelés Fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le Royaume des cieux est à eux.

Heureux êtes vous, vous, dans ce consistoire de Vaunage-Vistrenque, à qui la vigne, le champ du monde est confié. Car vous pouvez y être par vos gestes et vos paroles les signes du Royaume.
Heureux êtes vous dans ce consistoire de Vaunage-Vistrenque, vous qui acceptez d’être graciés et pardonnés car vos fruits seront ceux de la justice.
Heureux êtes vous, vous tous qui répondez à l’appel du Père : “Mon enfant, va donc aujourd’hui travailler à la vigne” car vous serez alors fils ou fille de Dieu, frères et soeurs en Christ.
Heureux et bénis serez-vous à chaque fois que vous répondrez présent à l’appel de Dieu pour oeuvrer à la Gloire de son Nom.
Amen

Pasteur Thierry Faye - 14/10/2007 - Culte de consistoire - Temple de Beauvoisin


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